Microanalyse / Résidus de tir - Fibres - Cosmétiques

Microanalyse, Résidus de tir, Fibres, Cosmétiques

Les fibres textiles. De nombreux objets du quotidien comme les vêtements, les tapis ou les cordes sont constitués d'une multitude de fibres textiles colorés ou non de quelques micromètres d'épaisseur. Il existe une très grande diversité de fibres qui peuvent être naturelles (coton, laine...) ou chimiques (acrylique, viscose...). Dans de nombreuses situations, ces fibres peuvent se décrocher de l'objet initial et se déposer sur une autre surface. Le passager d'un véhicule laissera, par exemple, sur son siège des cheveux et fibres appartenant à ses vêtements.

Dans le cadre d'une enquête criminelle, l'examen de ces fibres textiles permet d'apporter de nouveaux éléments aux enquêteurs. Ces fibres peuvent provenir des vêtements d'une victime ou ceux d'un agresseur, d'un lieux, etc. Elles peuvent être échangées entre deux individus ou objets, ou entre un individu et un objet. La comparaison de fibres textiles prélevées sur une victime de viol et celles récupérées sur le pull d'un suspect pourrait permettre, par exemple, de prouver qu'il y a eu un contact entre celui-ci et la victime.

Dans le cas d'une non-différenciation entre des groupes de fibres (question et comparaison), le formalisme bayésien pourra être utilisé afin d'évaluer un rapport de vraissemblance selon les recommandations de l'ENFSI. Cette approche demande de prendre en compte plusieurs paramètres : la rareté des fibres observées (occurrence), la probabilité que ces fibres proviennent de l'action criminelle (transfert et persistence) et la probabilité qu'elles soient présentes par hasard sans rapport avec l'action criminelle (bruit de fond).

Au laboratoire, nous disposons d'une fibrothèque et de diverses techniques analytiques permettant d'identifier ou de comparer les fibres textiles prélevées par les enquêteurs. 

Résidus de tir d'armes à feu. Ce sont des résidus d’amorce, les résidus de poudre, de fumée, de particules de graisse ou de lubrifiant ainsi que les résidus métalliques provenant du projectile, de la douille et/ou de l’arme. Les résidus de tir (qui peuvent être constitués de particules brûlées, partiellement brûlées et/ou de particules non brûlées) se forment au moment du départ du coup de feu et se déposent sur la main du tireur ou dans son environnement (A. Gallusser, Traces d'armes à feu - Expertise des armes et des éléments de munitions dans l'investigation criminelle). Plus précisément, les résidus de tir sont généralement classés en 3 catégories selon leur composition :

Classe 1 : Particules caractéristiques de résidus de tir (sphérules ou forme irrégulière) de composition chimique élémentaire : Plomb (Pb)/Baryum (Ba)/Antimoine (Sb).

Classe 2 : Particules compatibles avec des résidus de tir mais non exclusives de compositions chimiques élémentaires suivantes :
- Baryum (Ba)/Antimoine (Sb);
- Plomb (Pb)/Baryum (Ba);
- Plomb (Pb)/Antimoine (Sb);
- Baryum (Ba)/Calcium (Ca)/Silicium (Si)/trace Soufre (S);
- Baryum (Ba)/Aluminium (AI) (sans soufre (S)).

Toutes ces particules caractéristiques ou compatibles avec des résidus de tir peuvent également être associées aux éléments suivants : le silicium (Si), le calcium (Ca), l'aluminium (Al), le cuivre (Cu), le fer (Fe) (trace), le soufre (S) (trace), le phosphore (P), le zinc (Zn), le nickel (Ni) (en association avec le cuivre et le zinc), le potassium (K), le chlore (Cl), l'étain (Sn) et le zirconium (Zr) pouvant provenir d'un chemisage de projectile et/ou autres parties constitutives de munitions.

Classe 3 : Particules compatibles avec des résidus de tir provenant de munitions sans plomb dites "écologiques" de compositions chimiques élémentaires suivantes :
-Titane (Ti)/Zinc (Zn);
Les éléments cuivre (Cu) ou étain (Sn) pouvant provenir d'un chemisage de projectile, le silicium (Si), le calcium (Ca) et l'aluminium (Al) peuvent aussi être associés.
- Strontium (Sr).

Ces particules sont prélevées par les enquêteurs à l'aide de tamponnoirs (petits plots métalliques recouverts d'un adhésif en carbone double face) qui sont appliqués sur les surfaces d'intérêt (visage, mains, vêtements, etc.). Au laboratoire, nous utilisons un microscope électronique à balayage muni d'un micro-analyseur X (MEB-EDX) pour identifier les particules caractéristiques ou compatibles avec des résidus de tir à partir de leur forme et leur composition chimique élémentaire (analyse inorganique). Un logiciel de comptage automatique est utilisé pour comptabiliser ces particules. Après interprétation des résultats et confrontation aux éléments de l’enquête, ils pourront être utilisés pour vérifier la compatibilité d’un témoignage avec les faits (suicide par arme à feu vs homicide), estimer une distance de tir, identifier l'orifice d'entrée d'un projectile, etc.

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